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L'EGLISE ET LES PRESERVATIFS

Jeudi 27 Avril 2006

Le cardinal italien Carlo Maria Martini, chef de file des libéraux dans l’Église, a qualifié comme un « moindre mal » le préservatif, l’avortement légal et l’adoption d’embryons, relançant ainsi le débat sur ces questions au sein du monde catholique.


L'EGLISE ET LES PRESERVATIFS
Le cardinal Martini, 79 ans, jésuite et ancien archevêque de Milan aujourd’hui retiré à Jérusalem, a été présenté l’an dernier à la mort de Jean-Paul II comme le champion de la minorité libérale du collège des cardinaux contre le conservateur Joseph Ratzinger, élu pape sous le nom de Benoît XVI.

Dans un dialogue avec le chercheur Ignazio Marino, publié par l’hebdomadaire italien L’Espresso, le prélat a accepté de discuter des « cas limites » posés à la morale chrétienne par certaines situations ou par le développement de la science.

« Certainement, l’utilisation du préservatif peut constituer dans certaines situations un moindre mal » face au sida, souligne-t-il. « Mais la question est de savoir s’il revient aux autorités religieuses de faire de la propagande pour un tel moyen de défense », ajoute-t-il aussitôt.

À propos de l’avortement, le cardinal Martini juge « somme toute positif » que sa légalisation ait « contribué à réduire et tende à éliminer les avortements clandestins ».

« Il est difficile qu’un État moderne n’intervienne pas au moins pour empêcher une situation sauvage et arbitraire », « ce qui ne veut pas dire “licence de tuer” », déclare-t-il, en souhaitant aussi que l’État s’efforce de diminuer les avortements « par tous les moyens ».

Le cardinal italien classe aussi parmi les moindres maux l’adoption à fin d’implantation des embryons congelés, même par une femme seule, plutôt que leur destruction.

« Là où il y a un conflit de valeurs, il me paraît éthiquement plus significatif de proposer une telle solution qui permette à une vie de s’épanouir plutôt que de la laisser mourir », explique-t-il.

Le cardinal Martini estime que le rôle de l’Église est de « former les consciences », d’aider à « discerner le bien du mal en toutes occasions », mais que « les interdits et les “non” ne servent à rien ».

diego diaz
Rédigé par diego diaz le Jeudi 27 Avril 2006 à 21:56