Couleurs du temps et de la vie

SOCIETE

L’Insee estime la population de la France au 1er janvier 2007 à 63,4 millions d’habitants, dont 61,5 en métropole et 1,9 outre-mer [1]. En France métropolitaine, pour l’année 2006, le solde naturel atteint 276 500 personnes (796 800 naissances moins 520 300 décès),
le solde migratoire (la balance des entrées et des sorties) est estimé à 95 000.


Bilan 2006 : un excédent naturel record
De 2005 à 2006, l’espérance de vie progresse de quatre mois pour les hommes et de trois mois pour les femmes, atteignant respectivement
77,2 ans et 84,1 ans. Le changement de comportement à l’égard des personnes âgées depuis la canicule se traduit par une progression de l’espérance de vie au-dessus de la tendance observée avant 2003 : près de cinq mois ont été ainsi gagnés.
Le solde migratoire reste modéré. Même majoré à l’excès à 3 ‰ (au lieu de 1,6), pour tenir compte des migrations irrégulières, la France se situe encore vers le bas du tableau européen : le solde migratoire approche 4 ‰ au Royaume-Uni, 6 ‰ en Autriche et en Suisse, 8 ‰ en Irlande, 11 ‰ en Italie et… 15 ‰ en Espagne [4 ].
Ce bilan ne doit pas occulter les évolutions déjà inscrites dans la pyramide des âges. Au-delà du record actuel, la chute de l’excédent
naturel est inévitable : le baby-boom ayant pris fin en 1974, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants diminuera légèrement avant de se stabiliser, de même que le nombre de naissances, même si la fécondité actuelle se maintient. À l’inverse, à mesure que disparaîtront
les générations du baby-boom, le nombre de décès augmentera.
Le solde migratoire devrait donc devancer le solde naturel d’ici une génération, voire plus tôt, pour devenir la première composante de notre croissance et cela quel que soit le niveau futur des migrations,
par nature imprévisible. Ce ne sera pas l’effet d’un surcroît de fécondité des étrangers ou d’une politique migratoire mais le contrecoup
du baby-boom parvenu en fin de course.
INED
Rédigé par INED le Vendredi 23 Mars 2007 à 13:31