Couleurs du temps et de la vie
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ALTMAN : L'ADIEU AU CINEMA
Vendredi 8 Décembre 2006
La dernière séance d’Altman
"L'élection de Bush sera un terrible revers pour l'Amérique". Engagé à 17 ans pendant la seconde guerre mondiale, Robert Altman est un atypique de génie. Père de la série télé "Bonanza", il fait un tabac avec "M.A.S.H", une satire de la guerre de Corée en pleine guerre du Vietnam. Pame d'or, et oscar, cette conscience du cinéma américain nous laisse une dernière oeuvre, "The Last Show".
The Last Show, Altman, Cinéma
testament . Cette magistrale évocation crépusculaire d’un spectacle à l’ancienne conclut l’oeuvre d’un maître du 7e art.
The Last Show,
de Robert Altman.
États-Unis. 1 h 45.
Nul ne l’ignore, The Last Show restera dans l’histoire comme ayant été le dernier film de Robert Altman. Le spectateur ne pourra s’empêcher d’y voir une oeuvre testamentaire même si le film est si débordant d’énergie qu’il parvient à faire oublier le fond nostalgique qui le constitue. Pourtant, c’est l’énergie qufaudrait retenir tant Altman débordait de projets. Passons. Nous sommes à Saint Paul, Minnesota, autant dire nulle part. C’est là que depuis trente ans est enregistrée dans un théâtre à l’ancienne une émission radiophonique hebdomadaire ouverte au public, diffusée sur 558 chaînes. Ne serait-ce l’apparition d’un téléphone portable ou de quelque autre rarissime signe de contemporanéité, on pourrait se croire dans les années cinquante. Les micros sont des gros machins comme on n’en voit plus que dans les films d’époque. Ceux qui leur font face sont à l’unisson, duo féminin de country, mama noire bluesy et cow-boys chantant, fidèle troupe réunie depuis toujours autour d’un présentateur qui bonimente les publicités constituant l’essentiel, et la source de production, du programme. Ajoutons les musiciens, le bruiteur, le détective responsable de la sécurité droit sorti d’un film noir (il s’appelle d’ailleurs Guy Noir) et une femme fatale fantôme, le compte y est. Mais ce soir n’est pas comme les autres, car la représentation donnée va être la dernière.
Robert Altman a le culot de filmer cela en apparence de temps réel, le film durant exactement autant que le show, les dix minutes qui le précèdent et le moment qui suit. La caméra est en perpétuel déplacement, passant des numéros scéniques aux coulisses et aux loges, dans un découpage poussé à l’extrême, mais maintenant une continuité sonore car chacun hors scène est attentif au moment de faire son entrée. Appelons cela de la virtuosité, tout sauf gratuite, bien sûr. Par ailleurs, le film est un superbe portrait de groupe, comme le réalisateur en avait le secret, traquant chacun dans ses failles et ses certitudes. La distribution, magnifique, ne le trahit jamais : Woody Harrelson, Tommy Lee Jones, Garrison Keillor, Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, John C. Reilly, Maya Rudolph, Meryl Streep, Lily Tomlin, autant de noms, connus ou moins, dont aucun ne doit être privilégié ou rejeté. Une vie s’est achevée sur un dernier chef-d’oeuvre.
The Last Show,
de Robert Altman.
États-Unis. 1 h 45.
Nul ne l’ignore, The Last Show restera dans l’histoire comme ayant été le dernier film de Robert Altman. Le spectateur ne pourra s’empêcher d’y voir une oeuvre testamentaire même si le film est si débordant d’énergie qu’il parvient à faire oublier le fond nostalgique qui le constitue. Pourtant, c’est l’énergie qufaudrait retenir tant Altman débordait de projets. Passons. Nous sommes à Saint Paul, Minnesota, autant dire nulle part. C’est là que depuis trente ans est enregistrée dans un théâtre à l’ancienne une émission radiophonique hebdomadaire ouverte au public, diffusée sur 558 chaînes. Ne serait-ce l’apparition d’un téléphone portable ou de quelque autre rarissime signe de contemporanéité, on pourrait se croire dans les années cinquante. Les micros sont des gros machins comme on n’en voit plus que dans les films d’époque. Ceux qui leur font face sont à l’unisson, duo féminin de country, mama noire bluesy et cow-boys chantant, fidèle troupe réunie depuis toujours autour d’un présentateur qui bonimente les publicités constituant l’essentiel, et la source de production, du programme. Ajoutons les musiciens, le bruiteur, le détective responsable de la sécurité droit sorti d’un film noir (il s’appelle d’ailleurs Guy Noir) et une femme fatale fantôme, le compte y est. Mais ce soir n’est pas comme les autres, car la représentation donnée va être la dernière.
Robert Altman a le culot de filmer cela en apparence de temps réel, le film durant exactement autant que le show, les dix minutes qui le précèdent et le moment qui suit. La caméra est en perpétuel déplacement, passant des numéros scéniques aux coulisses et aux loges, dans un découpage poussé à l’extrême, mais maintenant une continuité sonore car chacun hors scène est attentif au moment de faire son entrée. Appelons cela de la virtuosité, tout sauf gratuite, bien sûr. Par ailleurs, le film est un superbe portrait de groupe, comme le réalisateur en avait le secret, traquant chacun dans ses failles et ses certitudes. La distribution, magnifique, ne le trahit jamais : Woody Harrelson, Tommy Lee Jones, Garrison Keillor, Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, John C. Reilly, Maya Rudolph, Meryl Streep, Lily Tomlin, autant de noms, connus ou moins, dont aucun ne doit être privilégié ou rejeté. Une vie s’est achevée sur un dernier chef-d’oeuvre.
J. R. L'Humanité et L'Humanité dimanche
Rédigé par J. R. L'Humanité et L'Humanité dimanche le Vendredi 8 Décembre 2006 à 15:03
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