Sommaire
Senior Actu

AG&D, nouvelle approche Montessori pour la prise en charge de la démence

La méthode Montessori propose un accompagnement des personnes âgées présentant des troubles cognitifs en se fondant sur des idées humanistes fortes et en particulier sur trois valeurs indéfectibles : le respect de la personne, de sa dignité et un principe fondamental d’égalité. En adaptant la Méthode Montessori aux ainés atteints de démence et en créant un outil qui évalue les capacités préservées du malade, AG&G offre une nouvelle approche exclusive en Europe. Explications.


La « démence » 
La vision classique traditionnelle : une maladie
La « démence » est vue comme une maladie qu’il faut traiter. Une maladie avec ses déficits, ses troubles et des comportements systématiquement interprétés en fonction de ce diagnostic. Une colère qui signifiera « énervement » chez un individu « normal » sera diagnostiquée « symptôme d’agitation » chez la personne âgée ayant reçu un diagnostic de « démence ».
 
La vision Montessori : un handicap
La méthode Montessori représente d’abord une révolution quasiment conceptuelle dans la manière de considérer les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs et également dans la manière de les accompagner. La perception de la personne est changée : avec ses émotions, ses envies, ses moments heureux, ceux plus difficiles, la personne atteinte de « démence » est une personne normale, avec un handicap cognitif qui peut être un trouble du langage, de mémoire, etc. Il ne s’agit plus de voir une maladie qu’il faudrait traiter mais des difficultés qui gênent dans la vie quotidienne (ce qui constitue la définition du handicap selon l’OMS). Et cela change tout en termes de perception et surtout d’accompagnement. Il s’agit alors d’adapter l’environnement de la personne afin de diminuer ses difficultés dans la vie quotidienne, son handicap et lui permettre de continuer à garder une vie digne, qui vaille la peine d’être vécue.
 
Le respect de la personne 
La vision classique traditionnelle : perte d’autonomie
Une fois le diagnostic de « démence » posé, la personne est très fréquemment perçue comme n’étant plus capable de prendre des décisions. Elle perd ainsi le contrôle de sa vie puisque de nombreuses décisions sont prises pour elle, la plupart du temps sans la consulter, au nom de son diagnostic. Ce qui est fréquemment la cause de nombreuses réactions négatives de la personne (opposition, ...). 
 
La vision Montessori : donner le choix
L’élément central est de réattribuer à ces personnes le contrôle sur leur vie à travers notamment les notions de choix et de liberté. Comment ?  En leur redonnant le contrôle sur ce qu’elles vivent, via des choix proposés tout au long du quotidien, en s’appuyant sur leurs capacités. Chaque interaction est en réalité une occasion d’offrir des choix : qu’ont-elles envie de porter comme vêtements, quelles activités souhaitent-elles faire, qu’ont-elles envie de manger ?...
 
En maisons de retraite, les résidents peuvent également être impliquées dans les décisions collectives sur la vie de l’institution via des comités de résidents : quelles sorties, quelles fleurs dans le jardin, ...  Un exemple : comment faut-il appeler une personne âgée en maison de retraite ?  La réponse traditionnelle : par son nom de famille, c’est une marque de respect.  Chez Montessori : la seule marque de respect est de poser la question à la personne. Pour certains, c’est important d’être appelé par leur prénom. Le vrai respect est celui de leur choix, de leur décision.   
 
L’environnement   
La vision classique : la sécurité
Certaines structures ne sont pas systématiquement aménagées pour utiliser toutes les capacités restantes du malade et lui permettre autonomie et indépendance. 
 
La vision Montessori : un allié
Pour que ces personnes présentant un handicap fonctionnent à leur meilleur niveau possible, comme des « personnes normales », il faut adapter leur environnement physique et social à leurs capacités. C’est l’enseignement de la méthode Montessori : en effet, une très grande partie des troubles de la personne sont liées à un environnement inadapté qui va générer de la frustration, du stress, et ce que l’on appelle, des « troubles du comportement ». Il faut donc créer un environnement dans lequel ces personnes se sentent bien. Ce qui inclut le mobilier.   
 
Une communauté   
La vision classique : une vie commune
Les personnes peuvent se retrouver devant la télévision, dans un salon, au moment des repas mais il y a, en général, peu de suivi sur les activités inter-résidents, en individuel. 
 
La vision Montessori : une appartenance
Le fait d’appartenir à une communauté, d’y avoir un rôle, de partager, empêche l’isolement trop fréquemment associé au grand âge. En leur donnant des activités porteuses de sens, des projets communs dans lesquels ils peuvent s’investir, du lien se crée entre les gens. Une communauté s’organise et chacun peut s’engager dans des projets. 
 
Un exemple : dans un Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), les personnes ont organisé une fête des familles. Toutes ont participé à l’organisation, toutes avaient un rôle à jouer dans la préparation de cette fête, en fonction de leurs capacités : choisir les menus, préparer la décoration, réaliser les invitations, la mise sous enveloppe, l’envoie, l’accueil, le service, le rangement, ...   
 
Les capacités préservées 
La vision classique traditionnelle : ce qui ne va pas
Les professionnels et les familles sont formatés à se focaliser uniquement sur les troubles, sans voir ce qui fonctionne encore. 
 
La vision Montessori : ce qui va
Avec la méthode Montessori, on travaille en partant des capacités de la personne : est-ce qu’elle entend, est-ce qu’elle voit, est-ce qu’elle sent, a-t-elle le sens du goût ? Sur le plan moteur, peut-elle tenir un objet, se déplacer, verser, mélanger, imiter ? Côté social, peut-elle donner son avis, saluer ? Enfin, sur le plan cognitif, sait-elle encore lire, etc. Avec ces informations, le champ des possibles reste ouvert !
 
Dirigée par Véronique Durand-Moleur, la société AG&D (Accompagnement en Gérontologie & Développement) est un organisme qui développe des interventions non médicamenteuses pour les personnes âgées présentant des troubles cognitifs et propose des formations à ces approches. AG&D met en avant un accompagnement des personnes présentant des troubles cognitifs basé sur l’observation des comportements, la compréhension des symptômes et l’adaptation de l’environnement physique et social.   
 
« Nous proposons en particulier un accompagnement centré sur la personne, basé sur les activités et les principes scientifiques développés par Maria Montessori, et adaptés aux personnes âgées par le Pr Cameron Camp avec lequel nous travaillons en exclusivité et en étroite collaboration », explique Véronique Durand. Et de préciser : « le Pr Cameron Camp forme notre équipe chaque année aux nouveaux développements et ce, pour l’ensemble du territoire européen à l’exception de la Grande-Bretagne. Nous proposons plusieurs formations axées sur les approches multi-sensorielles comme le concept Snoezelen ou la Récupération Espacée ».


Publié le Jeudi 16 Juin 2016 dans la rubrique Santé | Lu 4356 fois