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A la découverte des whiskies du monde

Avec le whisky, c’est l’image de l’Ecosse qui s’impose. Demander un « scotch » dans un bar est devenu un terme générique tout comme peut l’être un Frigidaire. Au de-là de cette idée reçue, le whisky est devenu mondial et sa production internationale. De la Suède jusqu’au Japon, on trouve désormais des whiskies de grande qualité.


SOYEUX, le Nikka Coffey démontre l’excellence des produits japonais. A avoir dans son bar personnel.
Outre l’Ecosse, l’Irlande, les Etats-Unis et le Canada ont toujours été des producteurs traditionnels de whiskeys. Les marins et les émigrants britanniques ont largement exporté cet alcool depuis la fin du XVIIIème siècle. Les Etats-Unis et le Canada se distinguent alors en utilisant du seigle et du maïs pour leurs productions en complément du blé.
 
Mais, au-delà de ces nations originelles, des pays et des régions aux traditions radicalement différentes ont choisi de créer leur propre whisky... Dès le début des années 20, le Japon est le premier à produire du whisky. Les distilleries de Yamazaki et de Yoichi datent respectivement de 1924 et de 1934. Des naissances que l’on doit à Masataka Taketsuru, le fondateur de la marque Nikka. Aujourd’hui, les labels japonais sont nombreux et figurent parmi les meilleurs du monde.
 
La recherche de la perfection, un phénomène typiquement japonais, est omniprésente. Bousculant les idées reçues et les a priori, le Japon est ainsi devenu une véritable nation du whisky. Ses marques n’ont rien à envier aux malts écossais quant à la qualité. Un succès iconoclaste qui a donné naissance à des initiatives mondiales au cours de ces dix dernières années.

EPICE, Hudson Manhattan Rye, du pain seigle, épicé, le Hudson whiskey est une petite production du nord est des U.S
Les premiers à se lancer dans cette aventure en 1998 furent les gallois de la Welsh Whisky Company . Ils distillent pour la première fois en 2000. Autres voisins des Ecossais, les Anglais ouvrent en 2006 une distillerie à Roudham dans le Norfolk. La distillerie Saint George produit des whiskies tourbés et non tourbés avec, pour directeur technique, un ancien de chez Laphroraig.
 
Sur le continent européen, les Suédois ouvrent en 1999 la distillerie Mackmyra. Elle utilise de l’orge suédois pour produire des single malt dont la maturation se fait dans d’anciens fûts de bourbon ou des fûts de chêne suédois. La France qui, avec le Cognac et l’Armagnac, n’est pas en reste en matière de beaux alcools, possède également ses whiskies. Le premier élaboré dans le Finistère à la distillerie des Menhirs depuis 2002 avec du blé noir comme matière première. Un single malt baptisé l’Armorik utilise exclusivement des fûts de sherry oloroso. Trop récent pour avoir droit à l’appellation de whisky, le Domaine des Hautes Glaces en Savoie produit un single malt à base de seigle (56%) issu de l’agriculture biologique.
 
Dernier arrivé en Europe, l’Italie nous propose un single malt de la distillerie Puni d’ Alba depuis 2012. Des anciens fûts de bourbon et de marsala sont utilisés pour la maturation de ce whisky en devenir.

VIF, le Kavalan venu de Taiwan et élevé dans des fûts de Bourbon demande une certaine culture.
L’Asie et la région pacifique participent également à cette globalisation du whisky. Longtemps sous domination britannique, les Indes possèdent, avec la distillerie Amrut, une marque qui commercialise un catalogue de six whiskies différents. C’est de l’orge cultivé aux pieds de l’Himalaya qui est utilisé chez Amrut.
 
Anciennes colonies anglaises également, la Nouvelle-Zélande et l’Australie participent aussi à cette mondialisation du whisky avec une production locale pour chacun d’eux. Enfin, plus surprenant encore, c’est de Taiwan que nous vient le dernier né des whiskies du monde. Produit dans une région climatique subtropicale, le Kavalan est un whisky très spécifique qui demande une véritable ouverture d’esprit.
 
Dans ce tour du monde des whiskies, les amateurs trouveront de véritables pépites comme ces whiskies japonais mais aussi quelques productions qui demandent un apprentissage  approfondi et restent des curiosités exotiques. Voici donc une sélection de Stan Jouenne, de la Maison du Whisky à Paris, qui offre un panorama de ce tour du monde avec chaque fois, une courte définition de ces whiskies
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Joël Chassaing-Cuvillier

GOURMAND, le Mackmyran Special 08 offre une délicatesse rare dans les pays nordiques.

ONCTUEUX ET GRAS, l’Alba de chez Puni n’a pas encore droit au titre de whisky. On sent l’influence des producteurs de grappa.

ELEGANT, élaboré par la English Whisky Company, le Chapter 6 est un pied de nez aux cousins du nord du Royaume Uni.

PUISSANT, fûts de bourbon et de sherry pour cet Amrut de 57° qui demande une certaine habitude.

EPICE ET SAVOUREUX, le Blanton de Frankfort dans le Kentucky offre l’élégance du sud dans un joli flacon

DEROUTANT, avec l’Armorik c’est la Bretagne qui nous offre ce single malt élevé en fût de sherry qui titre 56,1°. A découvrir

PROMETTEUR, du seigle bio pour une production savoyarde qui n’a pas encore le titre de whisky.


Publié le Vendredi 30 Janvier 2015 dans la rubrique Consommation | Lu 822 fois