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25 ans de plus d’espérance de vie et conséquences socio-économiques pour le monde

Selon une récente étude dévoilée la semaine dernière à Saint-Louis (Missouri) lors de la rencontre annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS), les avancées scientifiques et médicales pourraient permettre d’allonger considérablement l’espérance de vie humaine dans les vingt prochaines années, ce qui pourrait entraîner, selon les chercheurs, de sérieuses complications économiques et sociales dans le monde entier.


Selon des prévisions réalisées par des chercheurs de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, les percées en génétique et en biologie moléculaires permettant de ralentir le processus du vieillissement, devraient déboucher sur la mise au point de thérapies dans les deux décennies à venir qui pourraient augmenter l’espérance de vie humaine d’un quart de siècle, indique une récente dépêche de l'AFP.

Alors que la durée de vie moyenne a déjà doublé au cours du siècle dernier, elle devrait encore fortement s’allonger dans le courant du 21ème siècle grâce aux avancées de la médecine. Vivre jusqu’à l’âge de 100 ans pourrait ainsi devenir -dans un futur relativement proche- « chose courante » dans certains pays.

Si l’on ne peut que se réjouir de cette évolution, en revanche, comme le souligne Shripad Tuljapurkar, scientifique à l’Université de Stanford en Californie, cet allongement généralisé de la durée de vie sur l'ensemble de la planète aura des « conséquences majeures sur la communauté mondiale au cours de ce siècle ».

En effet, entre 2010 et 2030, l’âge moyen de décès devrait augmenter d’une vingtaine d’années, si les thérapies contre le vieillissement sont utilisées par une grande partie de la population. Avec un tel taux d’accroissement de l’espérance de vie, cinq fois supérieur à ce qu’il est actuellement, l’âge « normal » pour mourir passerait ainsi à cent ans dans les pays industrialisés (vs 80 ans).

Pour parvenir à ce résultat, le scientifique a sélectionné des groupes de personnes représentatifs de différents pays et a examiné parallèlement, les schémas de vieillissement, la croissance des populations et l’activité économique des nations étudiées. Ces différentes données ont ensuite été combinées à des projections de développement de nouveaux traitements permettant de ralentir le vieillissement.

L’un des premiers effets de cet allongement de la durée de vie serait une « explosion » de la population mondiale qui passerait alors de 8 milliards (projection actuelle) à 10 ou 11 milliards. Dans certains pays, une telle augmentation du nombre d’habitants pourrait engendrer d’importants problèmes, estime ce chercheur. Notamment dans les pays industrialisés, en ce qui concerne le financement des retraites et celui de la couverture sociale et médicale. « Les conséquences budgétaires et fiscales d'un tel scénario donne le vertige », a-t-il ajouté en précisant qu’il faudrait peut-être reporter l’âge de la retraite à 80 ou 85 ans.

De plus, toujours selon ce scientifique, le ratio de la dépendance devrait doubler d’ici 2035 en passant d’un à deux retraités pour cinq actifs. D'autre part, l’allongement de vingt ans de la durée de vie, ferait passer ce ratio à quatre retraités pour cinq actifs. Autre point important : rien ne dit que ces années de vie supplémentaires se déroulent en bonne santé. Les chercheurs craignent ainsi le développement du nombre de personnes âgées très dépendantes et un accès aux soins restreint pour les aînés les plus pauvres qui n’auront pas les moyens de s'offrir les traitements coûteux.
25 ans de plus d’espérance de vie et conséquences socio-économiques pour le monde


Publié le Lundi 20 Février 2006 dans la rubrique Divers | Lu 15096 fois