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Senior Actu

15 juin 2010 : 5ème journée mondiale contre la maltraitance des personnes âgées

A l’occasion de cette 5ème journée mondiale contre la maltraitance des personnes âgées, trois associations (Les petits frères des Pauvres, AFBAH et ALMA France) souhaitent rappeler que les aînés n’ont pas à rester seuls face à des maltraitances et que cette lutte, et surtout la prévention de la maltraitance, doivent devenir une cause nationale. Cette année, les trois associations ont décidé d’attirer l’attention sur la maltraitance intrafamiliale.


Des personnes âgées, en particulier les plus fragiles d'entre elles, sont victimes d'actes révoltants, contraires au respect de la dignité et souvent au droit : indélicatesses, négligences, traitements dégradants, abus de confiance, pressions financières, démarchages commerciaux abusifs, violences verbales voire actes de maltraitance physiques sont quelques uns des maux auxquels elles sont exposées.

L’essentiel des cas de maltraitance a lieu à domicile (et est souvent de type « intrafamilial »). Remédier à ces situations ne passe pas forcément par le circuit judiciaire, mais par l’écoute et la médiation, ce qui demande du temps et l’implication de nombreux intervenants.

« Prendre conscience de cette réalité est le meilleur moyen de prévention » rappellent les trois associations dans leur communiqué. Sur plus de 10.000 dossiers créés à la suite d’un appel au numéro 3977, de février 2008 à février 2010 : 70% concernent une situation à domicile ; les maltraitances principalement citées à domicile sont les maltraitances psychologiques (35 % des dossiers), financières (18%) et physiques (17%) et 49% citent un membre de la famille comme auteur présumé des actes de maltraitance.

Exemple 1

Madame Z âgée de 76 ans subit les violences psychologiques et physiques de son fils qui vit chez elle depuis 16 ans. Son appartement ne lui permet pas d’avoir d’intimité, son fils dort dans le salon et ne participe pas à la vie courante, elle prend en charge toutes les dépenses domestiques, et elle est très isolée. Grâce à une implication de proximité des petits frères des Pauvres, du CLIC et des services sociaux Madame Z a pu d’abord parler, se confier sans que cela n’ait de conséquences « juridiques » pour son fils. Petit à petit elle reprend confiance, retrouve sa dignité, ne se sent plus victime, accepte d’avoir un téléphone portable et s’ouvre vers l’extérieur. D’autres étapes peuvent se mettre en place pour que Madame Z devienne physiquement et financièrement plus indépendante, sans pour autant passer par le secteur judiciaire qui mettrait fin à toutes relations avec son fils, ce à quoi elle ne veut pas aboutir.

Exemple 2

Une jeune femme de 25 ans signale la situation de sa grand-mère : Madame A, 84 ans est veuve et habite la maison appartenant à son époux qui vient de décéder. Ses trois enfants ont la cinquantaine et habitent à distance. L’un d’eux a besoin d’argent pour finir de rembourser l'emprunt contracté pour son logement. Les enfants ont donc décidé de vendre la maison de leur père, de « placer » leur mère et de prendre leur part d’héritage. Interrogée, Madame A qui est lucide et bien entourée par son voisinage, désirerait continuer à vivre là où elle a passé sa vie. De longues discussions téléphoniques avec chacun des trois enfants leur fait prendre conscience du besoin de leur mère de conserver son lieu de vie et ils renoncent à cette vente.

Et le trois associations de préciser : « Face à une situation où le bien-être d’une personne âgée semble menacé, le rôle des témoins, qu’ils soient membres de la famille, de l’entourage, ou professionnel, est fondamental, pour : ne pas laisser la personne dans une situation d’isolement qui augmenterait les risques de maltraitances : parler avec la personne concernée de ce qu’elle ressent, de ce qu’elle souhaite et pour informer les structures qui peuvent apporter une aide ».

Attention, il ne s’agit ni d’accuser, ni de porter de jugement, mais de demander la vigilance bienveillante de tous afin de soutenir les plus fragiles. « Nous souhaitons rappeler que nous serons tous, un jour, âgés, et que nous serons tous, alors, désireux de ne pas vivre entourés d’indifférence » concluent-elles.


Publié le Lundi 14 Juin 2010 dans la rubrique Société | Lu 2852 fois