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​Les urgences respiratoires de l’adulte : le point avec le Dr Gilles Mangiapan

Echange avec le Docteur Gilles Mangiapan, pneumologue au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil qui revient en détails sur les urgences respiratoires de l’adulte dans le cadre du Congrès de pneumologie de langue française (CPLF) qui se tiendra du 27 au 29 janvier à Marseille.


​Les urgences respiratoires de l’adulte : le point avec le Dr Gilles Mangiapan
Au même titre que les pathologies cardiaques ou neurologiques, celles du système respiratoire peuvent conduire à une situation d’urgence : Une altération de la fonction peut aboutir à une détresse respiratoire, en quelques minutes ou quelques heures. Il faut alors agir vite !
 
Mais comment repérer ce qui en relève spécifiquement ? Les symptômes d’alerte, souvent communs aux autres pathologies, notamment cardiaques, doivent faire l’objet d’investigations complémentaires pour garantir une prise en charge adaptée et efficace.
 
Essoufflement et douleurs thoraciques
Les deux indicateurs préalables à une prise en charge d’urgence
- L’essoufflement est très souvent associé à un problème pulmonaire.
Il est en effet la manifestation de la difficulté du poumon à faire circuler l’air dans notre corps, signe qu’il a atteint sa réserve respiratoire –pourtant importante. Si un essoufflement est normal -lorsqu’il est induit par un effort- il est plus inquiétant, notamment s’il survient au repos. Il peut être annonciateur d’une crise d’asthme aigüe ou d’une détresse respiratoire chez les patients atteints de BPCO (bronchopneumopathie obstructive). Brutal et accompagné d’une douleur, l’essoufflement peut aussi signifier une embolie pulmonaire ; avec de la fièvre, il peut indiquer une pneumonie.
 
- La douleur thoracique constitue l’autre symptôme présent dans les pathologies respiratoires telles que l’embolie pulmonaire, la pneumonie et la pleurésie infectieuse. Souvent associée à un problème cardiaque –infarctus du myocarde, péricardite– elle est aussi le fait marquant d’une affection pulmonaire. La prise en charge n’est donc pas toujours adaptée….
 
Les pathologies respiratoires d’urgence
Elles vont être classées en fonction de la nature de l’organe atteint : alvéoles, vaisseaux pulmonaires ou poumon dans son ensemble.
- Asthme aigu et Exacerbation de B.P.C.O
Le rétrécissement des bronches provoqué par l’asthme et la B.P.C.O conduit naturellement à l’essoufflement. Mais il suffit d’une petite infection pour altérer les réserves et conduire à une détresse respiratoire. La prévention et le suivi de ces pathologies sont essentiels pour éviter les situations d’urgence.
 
- Défaillance de la circulation sanguine dans les poumons : embolie pulmonaire
Lors d’une phlébite, un caillot de sang se forme au niveau des jambes. En se détachant, il peut venir se bloquer dans une artère pulmonaire ou l’une de ses branches, bloquant ainsi le passage de l’oxygène dans les tissus : c’est l’embolie pulmonaire.
 
Ce phénomène, très brutal, survient souvent à l’issue d’immobilisations prolongées : un long voyage en avion, un alitement ou suite à une intervention chirurgicale, un traumatisme… Il concerne aussi des personnes souffrant de certaines maladies (troubles de la coagulation du sang...).
 
Si elle n’est pas prise en charge suffisamment tôt, les conséquences d’une pneumonie peuvent être fatales. Diagnostiquée, elle est relativement facile à soigner. L’enjeu est cependant de savoir la repérer ! Validant le vieil adage « y penser toujours, ce n’est pas encore assez… ».
 
- Pneumonie. Pleurésie
D’origine essentiellement bactérienne, la pneumonie altère le poumon de manière brutale. L’infection peut être aussi d’origine virale et se produire notamment lors des épidémies de grippe, qui est souvent à l’origine de cette complication qui altère les échanges gazeux et le passage de l’oxygène. Chaque hiver, l’arrivée de l’épidémie voit affluer de nombreux patients dans les services d’urgence. Là encore, il n’est pas toujours facile de repérer la pathologie. Si les symptômes se ressemblent : fièvres élevées et durables, courbatures… il faut être attentif aux signes d’essoufflement, caractérisant les problèmes pulmonaires. Les professionnels de santé sont toujours très soucieux de faire les bons diagnostics à cette période de l’année car certaines pneumonies peuvent être foudroyantes.
 
Quand les patients ressentent de surcroit des douleurs thoraciques et ont une toux sèche, il faut alors évoquer la pleurésie, c’est-à-dire l’infection de la plèvre, cette membrane qui recouvre les poumons et tapisse l’intérieur de la cage thoracique. La pleurésie infectieuse, souvent une complication de la pneumonie, relève aussi de l’urgence respiratoire. Sans prise en charge spécifique c’est un facteur d’échec des antibiotiques. Prise en charge tardivement, la plèvre s’épaissit et peut engendrer des séquelles respiratoires. Une échographie se prête idéalement au diagnostic, une simple radio ne suffit pas.


Publié le Jeudi 26 Janvier 2017 dans la rubrique Santé | Lu 1201 fois